Depuis plus de 10 ans, il officie en tant que DJ spécialiste des musiques africaines. 10 ans qu’il arpente le monde en distillant ses mixes, toujours à la pointe de la nouveauté. A la fois DJ, mais aussi producteur, rencontre avec  Jean Louis Dicka Eboi, alias DJ Sweet « La merveille » qui ambiance les nuits lilloises. Il nous parle de son métier, ses passions, ses rêves. Un talent 100% Afro qu’on soutient! 

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1| Dj sweet,  présente-toi aux lecteurs du webzine.

Je suis d’origine camerounaise et né au Cameroun. Aujourd’hui, je vis en France, à Lille plus précisément. Mais j’ai passé un grande partie de ma vie au Cameroun.

2| Tes 1ères expériences en tant que DJ, raconte nous ? Comment a été ton accueil dans ce milieu? 

Ça n’a pas été toujours facile, comme dans tous les métiers. Quand tu commences, tu commences à mixer dans ta cave, il faut acheter du matériel et tout ça c’est compliqué… mais avec la passion, la motivation, j’y suis arrivé par la force du travail aussi. Il n’y a pas de trajectoire pré-définie, ça dépend sur qui on tombe. Si on tombe sur des gens qui veulent nous pousser vers le haut et qui nous motivent plus qu’on ne l’est déjà, ça se passe bien et ça va tout seul!  Je ne me suis jamais vraiment focalisé sur le comportement des gens autour de moi. J’essaye toujours de faire ce que j’ai à faire et de le faire bien, que demander de plus? (Rires)

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3| Qu’est ce qui a motivé ton désir d’être DJ?  Et pourquoi ce style de musique (Afro) ?

J’ai toujours baigné dedans, depuis tout petit je « cassais » les premières platines à la maison, les tourne- disques comme ont les  appelaient, avec les 33 tours, les 45 tours … J’ai été danseur,  j’ai organisé des « matinées des jeunes »,  j’ai fait plein de choses qui m’ont prédestinées à ce métier-là. Après, j’ai toujours été un vrai, vrai, vrai passionné de musique. Aujourd’hui je ne fais que ça,  je mixe et je produis aussi des singles. Voilà, je suis un artiste musicien et j’ai besoin de ça pour me sentir vivre.
Je suis africain à la base, mais j’ai commencé par le Hip-Hop, R’n'B et Dancehall. C’est par hasard que je me suis retrouvé en train de mixer de la musique africaine. C’est arrivé tout seul. J’ai kiffé! Mais c’est surtout aussi avec l’avènement du coupé décalé qui est une musique hyper festive, que je me suis vraiment focalisé sur les mixes des musiques africaines, depuis les années 2000.

4| As tu des anecdotes à partager avec les lecteurs? 

Oui, plein! Je me rappelle….une fois, je suis en train de mixer..des filles qui viennent en cabine me pincer les fesses en me disant «  Tu as un beau ***[...] Est-ce qu’on ne pourrait pas faire des choses ensemble? » (Rires). Une autre anecdote: Je devais aller en Guinée Equatoriale mixer pour l’anniversaire de la Première Dame et j’avais juste une lettre d’invitation de la présidence et pas de visa. Donc je me suis fait recaler à l’aéroport Charles-de-Gaulle. Il fallu l’intervention du directeur de la compagnie aérienne à Paris pour que les choses se débloquent toutes seules et finalement les contrôles de sécurité m’ont emmené directement prendre mon avion sur le tarmac parce qu’il ne restait plus que 10 min avant qu’il ne décolle. Une autre fois, je suis allé bosser en Thaïlande, il était déjà 2 – 3 heures du matin: j’appelle le promoteur pour lui demander à quelle heure je bosse et il me dit « Non, ne t’inquiète pas tu commences à bosser à 6 h du mat » . Je n’ai rien compris : En fait là-bas, beaucoup de boîtes tournent selon certains horaires! Ca m’a fait un peu bizarre qu’on vienne me dire de bosser à 6 H du mat! Donc j’ai fait du 6H -10H!

5| Quelles sont tes inspirations ? Tes influences de vie?

Je n’ai jamais vraiment cherché à m’inspirer de qui que ce soit, ce que je fais, ce que je ressens, sort de mes tripes, ça vient de moi. Mais je dirai que certaines influences de vie viennent de mes parents, ma mère, mes frères, mon entourage familial. J’essaye de trouver un équilibre entre mon métier,  la vision qu’on a de moi de l’extérieur et ce que moi je vis en interne. Au quotidien, je suis un fervent croyant. Ma foi me guide énormément.

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6| Tu es un homme  qui voyage beaucoup, il y’a  peu de DJ Afro en France dont c’est le métier et qui en vivent totalement ? Comment gères-tu cette place ?

Je fais ce que je sais faire et j’essaye de le faire au mieux. Si je voyage et travaille, c’est sûrement parce que les gens ont besoin de mes services et que le boulot que je fais quand on m’emploie leur convient bien!

7| Quels sont tes projets, tes défis, tes rêves sur le court, moyen long terme ? 

Mes projets sont toujours les mêmes: ils sont artistiques. L’un des premier projet sur lequel je me suis vraiment plongé, c’était une discothèque. J’avais des associés sur ce projet.. Bon ça ce n’est pas très bien passé… je suis passé à autre chose. Aujourd’hui, je continue à faire de la musique, à produire des singles, des vidéos, toujours essayer d’être au top niveau de mon métier. Au Cameroun je suis en train de monter un bar Lounge qui va bientôt voir le jour. Peut importe le temps que ça prendra, ce qui est sur, c’est que j’arriverai au bout de ce projet-là.

Mon rêve ça serait de mixer devant plus de personnes que je ne l’ai déjà fait jusque-là . Mixer devant 100 000 personnes dans un grand stade de foot comme le stade de France… Je  ne sais si c’est qu’un rêve, mais je pense que ça pourrait très bien d’aboutir!

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8| Te sens tu métissé ?  Si oui comment vis tu ton métissage :  culturel, artistique, religieux, en France ? 

Le métissage pour moi, c’est une richesse culturellement artistiquement et humainement. Je trouve que c’est hyper enrichissant. Je pense que le fait de voyager autant m’a aussi permis de m’ouvrir à d’autre cultures et d’être un peu plus tolérant. Être croyant me permet aussi de voir les choses différemment, d’accepter les cultures des autres comme elles sont et la mienne de la vivre en harmonie et en paix.

9| Que conseilles-tu à ceux qui auraient envie de se lancer dans le monde du DJing comme toi ?  Quelle formation ?  Quels pièges à éviter ?  Quel état d’esprit à avoir ?

Il n’y a pas de ligne de conduite ou de ligne directrice particulière à avoir, c’est selon son environnement, sa façon de voir la vie, de vivre la musique, de la ressentir, de voir ce qu’on veut vraiment offrir.  Il y en a pour qui miser est juste un hobby,  il y en a pour qui c’est un vrai métier. Chacun appréhende ce métier de façon différente. Le plus important d’abord c’est d’être passionné et le reste viendra tout seul et on trouvera nous-mêmes nos inspirations nos aspirations.  Les  pièges à éviter, il  y en a toujours. On apprend tous les jours…. aucun métier n’est facile et je pense qu’il y a des métiers plus « piégeur » que le mien. Quant à l’état d’esprit à adopter, je dirais qu’ il faut être positif ! Ne jamais dramatiser. Toutes les soirées ne marchent pas à 100 % . Il faut être positif, toujours essayer de bien faire les choses et bosser tous les jours parce que même dans le sport si Usain Bolt il ne s’entraîne pas tous les jours, il ne sera plus premier (Rires). Continuer à bosser, donner le meilleur de soi et de savoir où l’on va.

 

10|Pour finir, ton mot de la fin : donne de bonnes raisons de lire le webmag Le nord on dit qu’wa 

Il faut  mettre en avant Le nord on dit qu’Wa! C’est une structure très bien huilée, des gens très compétents, ça permet de voir ce qui se passe au niveau du Nord, c’est une plateforme qui donne une visibilité à tous les artistes de la région.

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